Le septième président

François Hollande_affiche
« En cet instant où je suis chargé de présider aux destinées de notre pays et de le représenter dans le monde, je salue mes prédécesseurs, tous ceux qui avant moi ont eu la responsabilité de conduire la République, Charles de Gaulle qui mit son prestige au service de la grandeur et de la souveraineté de la France, Georges Pompidou qui fit de l’impératif industriel un enjeu national, Valéry Giscard d’Estaing qui relança la modernisation de la société, François Mitterrand qui fit tant avancer les libertés et le progrès social, Jacques Chirac qui marqua son attachement aux valeurs de la République ; Nicolas Sarkozy à qui j’adresse mes vœux pour la nouvelle vie qui s’ouvre devant lui. »
Ce texte est la conclusion du discours d’investiture de François Hollande, le 15 mai 2012 (et disponible dans son intégralité sur le
site officiel de l’Elysée).
C’est évidemment très fair-play de la part de François Hollande d’évoquer tous ses prédécesseurs et de rappeler ainsi qu’à moins de s’appeler Adam, on marche toujours dans un sillon entamé par d’autres. Mais, sous la courtoisie (convenue ou spontanée) du septième président, ne peut-on pas découvrir une pique à l’encontre de son rival à la dernière élection? En effet, chacun des cinq premiers présidents est « résumé » par une idée (grandeur de la France pour de Gaulle, modernisation de la société pour Giscard, etc.). Mais le rédacteur semble soudain « sécher » pour trouver une phrase définissant l’héritage légué par Nicolas Sarkozy : à l’égard du sixième président, le nouveau locataire de l’Elysée ne jette pas un regard vers le passé (comment pourrait-il feindre en effet d’apprécier son bilan, après l’avoir combattu ?) mais vers l’avenir (« nouvelle vie qui s’ouvre devant lui »). Sauf que cette appréciation est à double tranchant pour l’orateur, car l’avenir peut aussi avoir une dimension politique, et accorder un avenir politique à son prédécesseur, c’est courir le risque de retrouver un jour ce rival ! Il eût donc été plus efficace pour François Hollande d’aligner Nicolas Sarkozy sur l’ensemble des « présidents du passé » que de laisser planer cette éventualité implicite « d’ouverture » (vers l’avenir)…

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