Chômeurs invisibles

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La force du raisonnement paradoxal consiste à bousculer le cadre de pensée classique. Exemple dans cette interview d’Éric Heyer (directeur adjoint à l’Observatoire français des conjonctures économiques) paru dans le quotidien Metro (5-02-2010). Commentant la baisse officielle des chiffres du chômage, il note que le problème essentiel consiste dans la disparition apparente des chômeurs, simplement dans les registres statistiques, mais non dans la réalité : « Si le chômage diminue, c’est lié au fait que des chômeurs sortent de la population active. À la limite, il vaudrait mieux une hausse du chômage qu’une baisse pour cette raison-là : il vaut mieux savoir où sont les chômeurs, pour travailler avec eux à leur retour à l’emploi, que de les laisser dans la nature. » Cette démonstration force certes notre conviction… mais on ne peut en même temps que contester, évidemment, sa conclusion spécieuse : « il vaudrait mieux une hausse du chômage qu’une baisse » ! Vrai-faux raisonnement, telle est bien l’essence du paradoxe…

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