Plus triste que triste

Bluer than blue Bluer than blue, Plus triste que triste…

Comment est-ce possible ?… Célèbre pour avoir vendu plus d’un million d’exemplaires de son disque sur la tragédie de la guerre Two little boys (le tube de Noël 1969), le chanteur Rolf Harris a présenté en 1989 une vidéo destinée à prévenir les abus contre les enfants (intitulée Kids Can Say No, Les enfants peuvent dire non). Jusque-là, rien d’anormal, bien au contraire… D’autant plus qu’on lui doit aussi l’une des plus belles chansons d’amour de langue anglaise, Bluer than blue (Plus triste que triste, également en 1969). Mais en 2013, dans le cadre de l’opération de police britannique Yewtree contre les infractions sexuelles (en particulier contre des actes de pédophilie), Harris fut inculpé (à l’âge de 83 ans) et condamné un an plus tard à 5 ans et 9 mois de prison pour “abus sexuels contre des mineurs”, certaines victimes étant alors âgées de “7, 8 ou 14 ans”, selon l’article du Wikipedia britannique. Triste (plus triste que triste) illustration du dicton sur les paradoxes du comportement, “Fais comme je dis, ne fais pas comme je fais”…

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Quand la France restaurait le rideau de fer

Miklós Németh

Quand Miklós Németh [photographie source Wikipédia] devient Premier ministre en novembre 1988, dans la Hongrie du Pacte de Varsovie, il trouve un pays économiquement exsangue. Épluchant les comptes, en bon comptable, il découvre une ligne budgétaire insolite, “EJR”, relevant du ministère de l’Intérieur, et correspondant à des frais considérables. Enquêtant à ce sujet, il apprend qu’il s’agit en fait d’un nom de code dissimulant les dépenses stratégiques pour la maintenance du rideau de fer : garde-frontières, clôtures électrifiées, dispositifs de détection et d’alerte, etc. Or ces dépenses ont explosé depuis que l’URSS de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev (elle-même en piteux état financier) ne peut plus assister les “pays frères”. Ne pouvant plus compter sur l’aide de Moscou, la Hongrie doit donc désormais acheter les fournitures nécessaires au maintien du rideau de fer à… la France ! Laquelle ne s’honore pas ainsi : officiellement, elle défend haut et fort “les droits de l’homme et la liberté”, mais en pratique (réalisme commercial oblige !), elle vend à la Hongrie communiste le matériel nécessaire pour pérenniser cette entrave lamentable aux droits de l’homme et à la liberté ! Miklós Németh (dont on ne reconnaitra jamais assez les mérites) dénonce alors l’absurdité de ce système : malgré sa situation financière désastreuse, la Hongrie doit continuer à acheter à l’Occident ce matériel censé la “protéger” de cet Occident capitaliste ! Et comme elle n’a plus de devises pour payer au comptant, elle est forcée d’emprunter de l’argent pour payer cette (sinistre) participation française à la maintenance du rideau de fer ! Fort courageusement, et tout en redoutant de contribuer à déstabiliser Gorbatchev (car l’URSS de Brejnev a passé des accords secrets avec la Hongrie pour y pré-positionner des missiles nucléaires pointés contre l’Italie !), Miklós Németh décide de supprimer cette ligne budgétaire, signant ainsi le démantèlement de la partie hongroise du rideau de fer, le premier acte qui conduira à la chute du Mur de Berlin (1989), puis à celle du rideau de fer lui-même et de tout le bloc communiste en Europe…

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