Quand la météo influence le succès

Pierre Charby Photographie (source: Facebook de Pierre Charby)

Pour les plus jeunes qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Charby est un chanteur, célèbre au milieu de la décennie 1970, notamment pour ses slows  imparables "You", "Nous" et "L’Amour fou". Mais en 1976, année de la mémorable "canicule du siècle" (avec le fameux “impôt sècheresse” à la clef), Pierre rata un nouveau succès dans des conditions paradoxales : certes, cette nouvelle chanson était belle aussi ; mais, prévue pour redonner le moral aux vacanciers déçus par une météo "pourrie" (comme pour "La gadoue" écrite par Serge Gainsbourg en 1966), elle tomba à l’eau… car elle s’intitulait "Il pleut, il pleut", durant cet été 1976 qui se révéla le plus chaud et le plus sec du XX° siècle, avec cette canicule record!

En fait, certaines sources donnent 1973 comme année de parution de cette chanson, comme face B de "L’Amour fou", mais je ne l’ai personnellement entendue (et appréciée) qu’en 1976, d’autant plus qu’elle fut éclipsée initialement par "L’Amour fou". Ses passages à la radio en 1976 étaient sans doute un clin d’œil, pour une programmation décalée par rapport à une météo… "pourrie" différemment qu’à l’ordinaire!

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Asthme et brouillard

Brouillard Brouillard et asthme: une association à éviter. 

Alors que l’hiver approche et que le brouillard revient sur le nord de la France, ce sujet est traité dans le journal télévisé, à travers son incidence médicale: le journaliste rappelle que le brouillard est nocif, en particulier, pour les personnes vulnérables : femmes enceintes, jeunes enfants, personnes âgées, sujets souffrant d’une affection respiratoire… Et le médecin interrogé à ce propos précise : “paradoxalement, les asthmatiques les moins atteints sont aussi les plus exposés aux conséquences d’une mauvaise qualité de l’air !” Explication : comme leur asthme est justement le plus discret en temps ordinaire, ils ne prennent généralement plus de traitement et se retrouvent donc plus sensibles et démunis, face à une dégradation soudaine de la qualité de l’air. En l’occurrence, l’avantage d’une maladie moins grave se retourne en inconvénient !

Têtards fluo versus pollution

tetard-fluorescent

[Source illustration: http://paris-ile-de-france.france3.fr/2012/11/22/des-tetards-fluorescents-pour-surveiller-les-effluents-des-hopitaux-149324.html]

    Certaines espèces de méduses sont bioluminescentes. Si la finalité de ces émissions lumineuses demeure mystérieuse (attraction des proies, leurre pour les prédateurs, communication entre méduses…), les co-lauréats du prix Nobel de chimie de 2008 (Martin Chalfie, Osamu Shimomura, et Roger Tsien) ont initié des travaux sur la protéine fluorescente verte (GFP, découverte dans la méduse Aequorea victoria en 1962)[1] dont les applications se multiplient dans les domaines les plus divers (y compris artistiques !)[2] Ayant reçu une subvention du Ministère du Redressement productif, un projet innovant met à profit les propriétés de cette biotechnologie pour déceler des résidus médicamenteux dans les effluents hospitaliers : en 2014, une station mobile devrait ainsi analyser les effluents hospitaliers et leur impact pour l’environnement et la santé des écosystèmes. Le principe repose sur des têtards génétiquement modifiés auxquels on a ajouté un gène les rendant fluorescents au contact de certains polluants affectant un certain domaine de leur métabolisme (par exemple les résidus de médicaments utilisés comme opothérapie thyroïdienne de substitution). Plusieurs types de têtards seront utilisés, selon la nature du résidu médicamenteux à détecter (hormones, anticancéreux, etc.). Né de la fusion des hôpitaux de Corbeil-Essonnes et d’Evry, en Essonne, le Centre hospitalier sud francilien (CHSF) a été choisi pour sa proximité de la société WatchFrog, installée au Génopole d’Evry, et qui pilote ce projet original mettant ainsi une biotechnologie de pointe au service de l’environnement. Le paradoxe réside dans le fait qu’un phénomène considéré souvent comme un “excès” hasardeux de la biologie (la manipulation du génome) vient corriger ici un autre excès (l’impact indésirable des médicaments et de la chimie sur l’environnement)… 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_fluorescente_verte & http://fr.wikipedia.org/wiki/Bioluminescence_Resonance_Energy_Transfer
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Eduardo_Kac
[Cf. Gaëlle Fleitour : « Les têtards de WatchFrog analysent les effluents des hôpitaux » L’Usine Nouvelle N°3309 (5-12-2012) page11]