Paradoxes variés

Dessin de Voutch sur la dictature des marchés Dessin de Voutch sur la dictature des marchés

« Qui n’a jamais menti ? Soyons honnêtes ! » (Confession collective des émules d’Épiménide)
Quitte à se suicider, autant le faire le jour de sa mort : si on connaissait le jour de sa mort, plutôt se suicider la veille ou le lendemain !
Propos d’un chef d’entreprise à ses collaborateurs : « Les marchés sont persuadés que nous préparons un plan social de 15000 personnes et nous ne pouvons absolument pas nous permettre de les décevoir. Or nous ne sommes que 13500 : il va donc falloir embaucher ! » (Voutch)
« Ils sont, en quelque sorte, suspects d’être suspects, n’est-il pas vrai, Éminence ? » (in Vatican 2000, roman de science-fiction de Christopher Stork)
« Il y a 10 types de personnes dans le monde, ceux qui comprennent le binaire et les autres… »

1 0 Il y a 10 types d’individus : le type 0 et le type 1.  

Oh my gode!

Sex-toy pouvant contenir les cendres de l'être aimé (Source: 20 Minutes.fr)

Mark Sturkenboom, designer hollandais, propose aux veuves éplorées de concilier l’amour du cher disparu avec celui du sexe en “self service”. Paradoxale collusion des contraires, cette conjonction insolite entre la mort et le sexe (donc la vie, puisqu’il en constitue un contexte sine qua non) est possible grâce à un… sextoy pouvant contenir les cendres de l’être aimé! Las! L’article de 20 Minutes précise que la législation française interdirait de “conserver les cendres d’un défunt à son domicile”. De quoi contrarier le marché dudit substitut phallique au beau pays de France, pourtant si renommé pour son entendement certain des “choses de l’amour”…

Sagesse existentielle?

Ruban de MöbiusRuban unilatère de Möbius (source Wikipedia) : une métaphore du bonheur?

     « Depuis Héraclite, le grand philosophe du devenir, nous appelons ‘‘énantiodromie’’ la transformation des choses en leur contraire » écrit Paul Watzlawick dans L’invention de la réalité. Cas classique d’énantiodromie sociale : la formule « le malheur des uns fait le bonheur des autres. » Par exemple, un garagiste tire profit des pannes désappointant ses clients, un médecin des maladies affectant ses patients, etc. Mais l’énantiodromie (terme philosophique signifiant à peu près « routes opposées ») peut devenir permanente, sinusoïdale ! En alternance indécidable du bien et du mal dans la destinée. Comme l’illustre la succession paradoxale de préjudices salvateurs et d’avantages douteux dans ce « conte sans fin » sur le bonheur du jour, tiré du folklore chinois. Un sage paysan avait un fils, un cheval, et un voisin. Un jour où le fils sortit avec le cheval, celui-ci s’échappa, et le fils revint seul. –Oh quel malheur ! dit le voisin. –Qu’en sais-tu ? dit le paysan. Et de fait le lendemain, en recherchant le cheval perdu, le fils le retrouva, puis captura du même coup un magnifique étalon sauvage, rencontré à cette occasion. –Oh quel bonheur ! dit le voisin. –Qu’en sais-tu ? dit le paysan. Et de fait le lendemain, en dressant l’étalon, le fils reçut une méchante ruade qui lui brisa une jambe. –Oh quel malheur ! dit le voisin. –Qu’en sais-tu ? dit le paysan. Et de fait le lendemain, les recruteurs de l’empereur passèrent dans le village enlever les jeunes gens pour la guerre. Temporairement invalide, le fils échappa ainsi à la conscription. –Oh quel bonheur ! dit le voisin. –Qu’en sais-tu ? dit le paysan. Et de fait, le lendemain… Certains proverbes véhiculent une morale semblable : « À quelque chose malheur est bon » ; « Rien ne va jamais aussi mal qu’on ne le craint ni aussi bien qu’on ne l’espère » ; « De l’épine naquit la rose » ; « De la rose naît l’épine, de l’épine naît la rose » ; « La fleur est produite par le fumier, et le fumier produit par la fleur » (dicton turc) ; « Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera » ; « Toute nuit a un jour, tout hiver a un été » (dicton turc)… Comparons ce conte chinois à une autre version, tirée de la Berakha (traité de la loi orale juive) : « Rabbi Akiva se déplace un soir avec son âne, sa poule et sa bougie… La nuit tombée, il ne peut accéder à une ville fortifiée qui ferme ses portes au crépuscule. Il s’installe donc à la belle étoile avec l’assurance que Dieu fait systématiquement les choses pour le bien… Mais pendant la nuit, catastrophe ! Un fauve dévore son âne, un coup de vent éteint sa bougie, et un chat mange sa poule !… Or au matin, Rabbi Akiva s’aperçoit que la ville a été attaquée par des brigands. Il s’exclame alors : –Comme à l’accoutumée, Dieu n’agit que pour le bien. Je serais mort dans cette ville, si j’avais pu y entrer ! Car mon âne, ma bougie ou ma poule auraient certainement attiré l’attention des bandits qui m’auraient repéré ! » Dans le conte chinois, l’alternance paradoxale du bonheur et du malheur suggère que le(s) Dieu(x) hésite(nt) en permanence sur la condition (bonne ou mauvaise) à octroyer aux humains. Mais dans la version juive narrant la mésaventure de Rabbi Akiva (contrairement au conte chinois où le destin serait comparable à une pièce oscillant toujours entre ses deux faces), l’œuvre divine ne saurait avoir, tel un objet unilatère comme le célèbre ruban de Möbius, qu’une seule et unique face : la face du bien ! Tout étant toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… Dans son conte philosophique Candide ou l’Optimisme (1759), Voltaire critique ce principe d’une « raison suffisante » et d’une « harmonie (du monde) préétablie » cher à Leibniz, principe débouchant sur un optimisme tenace, quelles que soient les vicissitudes tragiques de l’existence. Malgré toutes les épreuves qu’ils traversent, les protagonistes de Candide gardent ainsi un moral indéfectible, chaque malheur passant en définitive pour un épiphénomène dans la certitude d’un plan divin de bonheur futur… Mais par son fatalisme opiniâtre, ce principe d’optimisme leibnizien semble annuler tout impératif d’action humaine puisque, dans sa sagesse, Dieu aura pourvu à tout ordonnancer pour « le meilleur des mondes possibles. » Voltaire oppose au contraire à cet optimisme « qu’il juge béat une vision lucide sur le monde et ses imperfections », avec le corollaire que l’homme doit agir pour corriger les malfaçons éventuelles dans l’œuvre du Créateur, afin d’améliorer si possible la condition humaine. D’où l’injonction d’agir formulée par Pangloss : « Il faut cultiver notre jardin. » Précepte de sagesse existentielle ou d’optimisme béat ? À chacun d’en juger…

Typoglycémie

cerveau Le cerveau peut faire automatiquement le tri!

“Un texte typoglycémique est le nom donné à une découvrete cogniitve sur le cerevau huamin. Sleon une édtue, l’odrre des ltteers dnas un mto n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère et la drenèire soient à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbème.”  Ce tetxe (autoérférenteil) porvient d’un site asbomulent gnéial: http://www.dcode.fr