Paradoxes variés

Dessin de Voutch sur la dictature des marchés Dessin de Voutch sur la dictature des marchés

« Qui n’a jamais menti ? Soyons honnêtes ! » (Confession collective des émules d’Épiménide)
Quitte à se suicider, autant le faire le jour de sa mort : si on connaissait le jour de sa mort, plutôt se suicider la veille ou le lendemain !
Propos d’un chef d’entreprise à ses collaborateurs : « Les marchés sont persuadés que nous préparons un plan social de 15000 personnes et nous ne pouvons absolument pas nous permettre de les décevoir. Or nous ne sommes que 13500 : il va donc falloir embaucher ! » (Voutch)
« Ils sont, en quelque sorte, suspects d’être suspects, n’est-il pas vrai, Éminence ? » (in Vatican 2000, roman de science-fiction de Christopher Stork)
« Il y a 10 types de personnes dans le monde, ceux qui comprennent le binaire et les autres… »

1 0 Il y a 10 types d’individus : le type 0 et le type 1.  

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Oh my gode!

Sex-toy pouvant contenir les cendres de l'être aimé (Source: 20 Minutes.fr)

Mark Sturkenboom, designer hollandais, propose aux veuves éplorées de concilier l’amour du cher disparu avec celui du sexe en “self service”. Paradoxale collusion des contraires, cette conjonction insolite entre la mort et le sexe (donc la vie, puisqu’il en constitue un contexte sine qua non) est possible grâce à un… sextoy pouvant contenir les cendres de l’être aimé! Las! L’article de 20 Minutes précise que la législation française interdirait de “conserver les cendres d’un défunt à son domicile”. De quoi contrarier le marché dudit substitut phallique au beau pays de France, pourtant si renommé pour son entendement certain des “choses de l’amour”…

Cette foutue porte !

Bild 27 mars 2015Couverture de Bild, 27 Mars 2015

Avec le crash de l’A320 de la Germanwings, l’univers insolite des effets pervers s’est tristement agrandi. En effet, la condition du drame (la solitude insidieuse d’un pilote kamikaze dans un cockpit fermé de façon hermétique) est la conséquence directe des mesures de sûreté aérienne prises au lendemain des attentats du 11 Septembre 2001 : par crainte de l’intrusion intempestive d’un terroriste ou d’un passager déséquilibré au sein du poste de pilotage, les autorités américaines ont imposé à l’ensemble des compagnies d’aviation de nouvelles procédures drastiques, censées écarter toute menace venue de l’extérieur, grâce à des portes blindées et des codes d’accès sécurisés à ces portes. Mais nul n’avait encore imaginé que le danger pourrait un jour venir de l’intérieur même de l’équipage, avec un pilote insensé se retranchant dans son cockpit comme dans un fort Chabrol volant, et en interdisant l’accès à son collègue, le commandant de bord dont les dernières paroles furent d’ailleurs : « Ouvre donc cette foutue porte ! » Mais cette supplique resta hélas lettre morte… A priori louables, ces mesures de protection pour éviter un nouveau 11 Septembre ont entraîné ainsi un terrible retour de manivelle, en provoquant la perte d’un appareil, avec tout son équipage et tous ses passagers ! Citant un commandant de bord sur A320 chez Air France, Le Monde (28-03-2015) rappelle d’ailleurs que la Fédération internationale des pilotes de ligne avait, dès 2001, « dénoncé » cette inversion des priorités, les autorités privilégiant ainsi la « sûreté » des appareils (où les cockpits sont transformables en bunkers), au détriment de la « sécurité » des passagers, dans la mesure où avant le 11 Septembre 2001, ces derniers auraient pu bien sûr prêter main forte au pilote pour neutraliser son collègue délirant ! Mais avec la condamnation des portes pour parer à tout acte de malveillance extérieure, les secours ne peuvent plus pénétrer rapidement en cabine : nouvelle et sinistre illustration de l’adage « Le mieux est l’ennemi du bien. »

Paperblog

Charlie’s angels: soyons tous Lassana Bathily!

Dessin de Lucille Clerc relayé sur son compte Twitter par Banksy_Charlie Hebdo [Dessin de Lucille Clerc relayé sur son compte Twitter par Banksy]

    Au-delà de l’émotion suscitée par la mort des caricaturistes de Charlie Hebdo lors de ce “11 Septembre culturel” en France, on peut soulever un paradoxe qui n’aurait sans doute pas manqué d’amuser bigrement les intéressés. Malgré leur vie vouée à un discours toujours impertinent et iconoclaste, et leur rejet de tous les « systèmes » (sauf peut-être le « système D, D comme débrouille-toi, D comme démerde-toi », comme le chantait Philippe Clay dans Mes universités), Wolinski et ses camarades ont eu le droit à ce qu’ils auraient certainement abhorré le plus, une « récupération » institutionnelle ! Des chefs d’état, des hommes politiques « sont Charlie », la cathédrale de Paris a sonné le tocsin pour leur mort (alors que leur position anticléricale aurait suscité jadis l’excommunication !), la compagne de Charb suggère qu’ils « mériteraient d’être au Panthéon », un deuil national est décrété pour marquer l’émoi collectif, et c’est tout juste si des funérailles nationales ne sont pas proposées pour ces dessinateurs qui ne manquaient jamais une occasion de brocarder toutes les institutions, y compris l’église et l’état ! Franche rigolade assurée, pour ces anges de Charlie montés au paradis des dessinateurs (s’il existe)… Charlie devient même citoyen d’honneur de la ville de Paris, alors que l’esprit même de ce magazine, c’est au contraire de contester toute soumission à une quelconque autorité institutionnelle ! Et pour renforcer ce paradoxe du rapprochement des contraires par la mort, une phrase circule sur Internet : « Ils sont voulu tuer Charlie, mais ils l’ont rendu immortel ! » En effet, qui connaissait jusqu’alors Charlie Hebdo, au Brésil ou aux États-Unis (où des panneaux « Je suis Charlie » ont fleuri aussi) ? Mais en transformant dramatiquement cette marginalité des caricaturistes en notoriété mondiale, les assassins ont échoué dans ce qu’ils espéraient : « Ils voulaient nous faire taire, ils ont réussi seulement pendant une minute » relayent les internautes, par allusion à cette minute de silence demandée par le chef de l’état en mémoire de ces êtres qui faisaient pourtant de l’irrespect leur marque de fabrique ! Un autre paradoxe à méditer est celui de la « motivation » des assassins, prétendant agir pour « défendre le prophète », alors que le Coran, religion du livre, demande au contraire de respecter la vie : « Ne tuez la personne humaine qu’en toute justice, car Allah a déclarée la vie sacrée. » (Coran, VI, 151) ; « Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. » (Coran, V, 32). Je pense que l’échec manifeste de l’intégration (dans l’exemple des trois terroristes) montre que, contrairement à ce que fait notre république laïque en expurgeant soigneusement de l’enseignement toute référence à des textes « sacrés », on devrait au contraire enseigner les morales tirées de ces textes ! Ces extraits de sourates du Coran prouvent que les terroristes déclarant « tuer au nom d’Allah » n’ont en fait rien à voir avec l’Islam. Comme dit Renaud dans sa célèbre chanson Manhattan-Kaboul : « Ceux-là ont-ils jamais lu le Coran ? » Ces citations sont le meilleur argument pour ne pas faire l’amalgame ! Et s’il fallait un autre argument pour rejeter cette « guerre des civilisations » dans laquelle les fanatiques voudraient nous plonger, rappelons le courage de Lassana Bathily, ce nouveau « Juste » musulman qui a sauvé des otages juifs au péril de sa propre vie ! Il y aurait un meilleur slogan que « Nous sommes tous Charlie », ce serait « Nous sommes tous des Juifs Musulmans. » Autre remarque : j’ai toujours pensé que l’idée des dessinateurs de Charlie de caricaturer le prophète était stupide, car ça n’apportait pas grand chose au plan de l’humour, mais ça jetait en revanche de l’huile sur le feu en alimentant le délire des extrémistes (qui n’avaient pas besoin de ce carburant supplémentaire pour nourrir leur rejet haineux de l’Occident « impie »). Comprendre la pensée de l’autre, si différent semble-t-il de nous a priori, est plus judicieux que railler ses convictions (religieuses ou autres). Mais la démocratie doit continuer à reposer sur ce paradoxe (évoqué par Voltaire lors de l’affaire Calas) consistant à tolérer même ce qu’on combat : « Je combattrai jusqu’au bout vos idées, et aussi pour que vous ayez le droit de les exprimer ! »

Barack, comme Jules jadis

Ambassadeur de France aux États-Unis à l’époque de l’affaire Dreyfus, l’académicien Jules Cambon confirme le bien-fondé d’une formule célèbre présentant la diplomatie comme « l’art de se taire en plusieurs langues. » Devoir de réserve oblige, Cambon refuse en effet de prendre parti dans une alternative épineuse, en éludant la question « Êtes-vous dreyfusard ou anti-dreyfusard ? » par cette réponse singulière, dans un cocktail mondain : « Merci, ni thé ni chocolat ! » Il pourrait aussi répliquer : « Je ne vous ferai pas de réponse dilatoire, on verra plus tard ! » Situation analogue en février 2014, lors de la visite d’état de François Hollande aux États-Unis: à la question de savoir quel allié européen il préfère, la France ou la Grande-Bretagne, Barack Obama ne peut évidemment pas choisir entre Paris et Londres, et il s’en tire par la même pirouette élégante que Jules Cambon, autrefois : “J’ai deux filles, chacune est merveilleuse, et je ne pourrai jamais choisir entre elles. C’est pareil pour mes extraordinaires partenaires européens!”

 Capture d'écran FranceTV-Info Barack Obama (11/02:2014) [Capture d’écran du site France TV Info]

Bulletin blanc

Bulletin blancLes Citoyens du Vote Blanc avaient aussi leurs listes de candidats!

Lors des élections européennes du 25 Mai 2014, une grande nouveauté fut le bulletin du vote blanc revendiquant le droit de ne voter pour aucun des autres candidats. Cependant, les “citoyens du Vote Blanc” avaient aussi leurs propres candidats appelant les électeurs à voter pour eux, comme tout autre parti! Si les suffrages s’étaient portés massivement sur ces listes, pourrait-on encore parler de “vote blanc”… en faveur de représentants précis?

On ne se refait pas!

Justice des mineurs La justice des mineurs [Illustration tirée du site http://lelivrescolaire.fr]

Postulant un jour pour un poste de psychiatre en STEMO (Service Territorial Éducatif de Milieu Ouvert), une structure dépendant du Ministère de la Justice, j’eus la surprise de recevoir un mail commençant par cette “chaleureuse” formule: “Monsieur, une procédure de recrutement vous concernant est engagée…” Sans doute une séquelle ravageuse d’un copié-collé de courriers moins agréables adressés aux justiciables!