Quand la France restaurait le rideau de fer

Miklós Németh

Quand Miklós Németh [photographie source Wikipédia] devient Premier ministre en novembre 1988, dans la Hongrie du Pacte de Varsovie, il trouve un pays économiquement exsangue. Épluchant les comptes, en bon comptable, il découvre une ligne budgétaire insolite, “EJR”, relevant du ministère de l’Intérieur, et correspondant à des frais considérables. Enquêtant à ce sujet, il apprend qu’il s’agit en fait d’un nom de code dissimulant les dépenses stratégiques pour la maintenance du rideau de fer : garde-frontières, clôtures électrifiées, dispositifs de détection et d’alerte, etc. Or ces dépenses ont explosé depuis que l’URSS de Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev (elle-même en piteux état financier) ne peut plus assister les “pays frères”. Ne pouvant plus compter sur l’aide de Moscou, la Hongrie doit donc désormais acheter les fournitures nécessaires au maintien du rideau de fer à… la France ! Laquelle ne s’honore pas ainsi : officiellement, elle défend haut et fort “les droits de l’homme et la liberté”, mais en pratique (réalisme commercial oblige !), elle vend à la Hongrie communiste le matériel nécessaire pour pérenniser cette entrave lamentable aux droits de l’homme et à la liberté ! Miklós Németh (dont on ne reconnaitra jamais assez les mérites) dénonce alors l’absurdité de ce système : malgré sa situation financière désastreuse, la Hongrie doit continuer à acheter à l’Occident ce matériel censé la “protéger” de cet Occident capitaliste ! Et comme elle n’a plus de devises pour payer au comptant, elle est forcée d’emprunter de l’argent pour payer cette (sinistre) participation française à la maintenance du rideau de fer ! Fort courageusement, et tout en redoutant de contribuer à déstabiliser Gorbatchev (car l’URSS de Brejnev a passé des accords secrets avec la Hongrie pour y pré-positionner des missiles nucléaires pointés contre l’Italie !), Miklós Németh décide de supprimer cette ligne budgétaire, signant ainsi le démantèlement de la partie hongroise du rideau de fer, le premier acte qui conduira à la chute du Mur de Berlin (1989), puis à celle du rideau de fer lui-même et de tout le bloc communiste en Europe…

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Quand la météo influence le succès

Pierre Charby Photographie (source: Facebook de Pierre Charby)

Pour les plus jeunes qui ne le connaîtraient pas encore, Pierre Charby est un chanteur, célèbre au milieu de la décennie 1970, notamment pour ses slows  imparables "You", "Nous" et "L’Amour fou". Mais en 1976, année de la mémorable "canicule du siècle" (avec le fameux “impôt sècheresse” à la clef), Pierre rata un nouveau succès dans des conditions paradoxales : certes, cette nouvelle chanson était belle aussi ; mais, prévue pour redonner le moral aux vacanciers déçus par une météo "pourrie" (comme pour "La gadoue" écrite par Serge Gainsbourg en 1966), elle tomba à l’eau… car elle s’intitulait "Il pleut, il pleut", durant cet été 1976 qui se révéla le plus chaud et le plus sec du XX° siècle, avec cette canicule record!

En fait, certaines sources donnent 1973 comme année de parution de cette chanson, comme face B de "L’Amour fou", mais je ne l’ai personnellement entendue (et appréciée) qu’en 1976, d’autant plus qu’elle fut éclipsée initialement par "L’Amour fou". Ses passages à la radio en 1976 étaient sans doute un clin d’œil, pour une programmation décalée par rapport à une météo… "pourrie" différemment qu’à l’ordinaire!

Accents gaulliens

Jérôme Lavrilleux Capture d’écran Twitter

Le 15 Octobre 2014, Jérôme Lavrilleux quitte l’UMP, voyant dans la procédure d’exclusion qui le concerne « une mascarade, une justice d’exception. » Mais le paradoxe, c’est qu’il prend des accents gaulliens pour dénoncer son exclusion de l’UMP (parti se recommandant précisément de l’héritage gaulliste!) sous l’impulsion d’« un quarteron de premiers ministres en retraite. » Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin auront sûrement apprécié la fine allusion à la dénonciation par le général de Gaulle du putsch d’Alger en 1958, à l’instigation d’« un quarteron de généraux en retraite »!

Barack, comme Jules jadis

Ambassadeur de France aux États-Unis à l’époque de l’affaire Dreyfus, l’académicien Jules Cambon confirme le bien-fondé d’une formule célèbre présentant la diplomatie comme « l’art de se taire en plusieurs langues. » Devoir de réserve oblige, Cambon refuse en effet de prendre parti dans une alternative épineuse, en éludant la question « Êtes-vous dreyfusard ou anti-dreyfusard ? » par cette réponse singulière, dans un cocktail mondain : « Merci, ni thé ni chocolat ! » Il pourrait aussi répliquer : « Je ne vous ferai pas de réponse dilatoire, on verra plus tard ! » Situation analogue en février 2014, lors de la visite d’état de François Hollande aux États-Unis: à la question de savoir quel allié européen il préfère, la France ou la Grande-Bretagne, Barack Obama ne peut évidemment pas choisir entre Paris et Londres, et il s’en tire par la même pirouette élégante que Jules Cambon, autrefois : “J’ai deux filles, chacune est merveilleuse, et je ne pourrai jamais choisir entre elles. C’est pareil pour mes extraordinaires partenaires européens!”

 Capture d'écran FranceTV-Info Barack Obama (11/02:2014) [Capture d’écran du site France TV Info]

Vision est mère de sûreté

« Y voir plus clair, c’est accorder sa confiance les yeux fermés » (Campagne d’affichage Certification NF Logement). Que serait donc la publicité sans l’apport de la communication paradoxale?

Qualité-logement

Infaillibilité pontificale

Quelle meilleure politique paradoxale que ce commentaire d’un prêtre (évoqué dans le documentaire télévisé de Mathieu Verboud, Ombres sur le Saint Siège) auquel on demandait ce qu’il ferait s’il devenait pape: “J’userais de mon pouvoir d’infaillibilité pour abolir l’infaillibilité!”

Bulletin blanc

Bulletin blancLes Citoyens du Vote Blanc avaient aussi leurs listes de candidats!

Lors des élections européennes du 25 Mai 2014, une grande nouveauté fut le bulletin du vote blanc revendiquant le droit de ne voter pour aucun des autres candidats. Cependant, les “citoyens du Vote Blanc” avaient aussi leurs propres candidats appelant les électeurs à voter pour eux, comme tout autre parti! Si les suffrages s’étaient portés massivement sur ces listes, pourrait-on encore parler de “vote blanc”… en faveur de représentants précis?