À bas /Vive Houellebecq !

Les particules élémentaires À bas Vive Houellebecq !

Plus on recherche des exemples de soutien de l’adversaire, et plus on en découvre! Exemple supplémentaire dans l’article sur Michel Houellebecq, dans Wikipédia : « En 1998, son roman Les Particules élémentaires provoque un tapage médiatique, dû en partie à l’exclusion de son auteur de la Revue perpendiculaire à laquelle il appartenait, pour incompatibilité d’idées. Le comité de rédaction de la revue publie dans Le Monde une tribune attaquant Houellebecq sur ses idées sociales et politiques présumées. Cette polémique est largement exploitée par l’éditeur Flammarion qui cesse de financer la revue en question. Perpendiculaire cesse de paraître et Houellebecq bénéficie d’un surcroît de visibilité. »

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Théâtre classique et rap d’Orelsan

OrelsanLe Chant des sirènes, second album du rappeur Orelsan

Le rappeur français Orelsan a reçu en 2012 une double Victoire de la Musique (meilleur album de musiques urbaines et révélation du public pour cette année). Quel que soit son indéniable talent personnel, il mérite aussi d’entrer dans cette Galaxie des Paradoxes pour avoir bénéficié, lui aussi, d’un phénomène inespéré de soutien par l’adversaire ! Comme le rappelle en effet Wikipedia, son titre de 2009, intitulé finement ( ?) « Sale pute » a créé un buzz décisif sur la Toile et dans la vraie vie :
« Le rappeur incarne un homme en costume menaçant de violences l’ex-petite amie qui l’a trompé, en lui promettant entre autres qu’il lui ‘‘déboîterait la mâchoire’’ ou la ferait ‘‘avorter à l’Opinel’’. Déclenchée par des blogueuses, la polémique l’amène à répondre via ses conseillers en communication : ceux-ci soulignent qu’Orelsan ne joue pas cette chanson sur scène, conscient qu’elle puisse heurter. » Comme souvent lorsqu’on suscite (contrairement à l’aphorisme de Racine dans Britannicus) « soit cet excès d’honneur, soit cette indignité », la polémique déclenchée par ce titre prit alors un tour politique : « le Front National dénonça cette chanson, puis le Parti Socialiste. » Ce texte fut considéré comme « scandaleux » par ses propos « odieux qui incitent directement à la violence. » Chiquenaude décisive pour la carrière d’Orelsan (que la plupart des gens ignoraient auparavant !) : la secrétaire d’État à la solidarité Valérie Létard intervint également pour critiquer le caractère « violent » et « sexiste » de cette chanson et « demander aux sites de vidéo en ligne de la retirer. » Il n’en faut pas plus pour aider un artiste (talentueux mais peu connu) à devenir rapidement un « inconnu célèbre », comme disait cette fois Corneille dans
Le Cid :

« Ô combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres ! »